La Querelle
des Bouffons Chœur & Orchestre • Musique baroque

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📍 Rome, 1707... : Laudate Pueri & Dixit Dominus, GF Haendel

Affiche du programme Rome, 1707... : Laudate Pueri & Dixit Dominus, GF Haendel

Né à Halle, dans l'est de l'actuelle Allemagne, non loin de la Pologne, Haendel n'est pas – contrairement à la plupart de ses pairs compositeurs – issu d'une famille de musiciens : il est le fils d'un notable de la ville, le chirurgien-barbier des électeurs de Brandebourg. Il naît le 23 février 1685, sous le règne de Frédéric de Brandebourg, le futur Frédéric Ier de Prusse.

Très tôt, Haendel fait preuve d'un grand talent pour tout ce qui a trait à la musique : si sa mère l'encourage dans cette voie, son père, qui rêve pour son fils d'une carrière de juriste, l'empêche de jouer. La légende veut que le jeune Haendel ait profité du sommeil de son père pour aller jouer sur un vieux clavicorde qu'il avait dissimulé dans son grenier.

En 1706, il part pour l'Italie : il fait étape à Florence, mais s'installe rapidement à Rome, où son talent lui ouvre les portes du grand monde de la cité papale. Il rencontre les grands compositeurs italiens de son temps : Corelli, Caldara, Scarlatti père et fils. Domenico Scarlatti, en particulier, qui a le même âge que Haendel et est réputé comme étant un claveciniste extraordinaire, reconnaît lui-même que l'allemand le surpasse !

C'est en Italie qu'Haendel trouve un foyer fécond pour son inspiration : il y écrit ses premiers chefs-d'œuvre de musique sacrée, dont notamment le Dixit Dominus en 1707. Il quitte l'Italie en 1710 avec un prestige international (et un carnet mondain bien rempli), rentre pour l'Allemagne, puis repart pour Londres en 1712, où il se fixe définitivement.

Alternance de grands chœurs et d'arias, ce Dixit Dominus est une sorte de cantate latine, à l'image des cantates germaniques de Bach, Buxtehude ou Telemann, ou des grands motets qui ont alors cours en France. Le psaume choisi par Haendel est l'un des plus populaires de la liturgie chrétienne : texte glorieux, voire guerrier, il insiste sur la puissance de Dieu et son pouvoir infini qui lui permet de régner sur tous les hommes et de balayer les plus puissants si tel est son dessein.

L'écriture de Haendel est très descriptive pour qui connaît le psaume et est attentif à la musique : le premier mouvement, Dixit Dominus, c'est-à-dire "Le Seigneur a dit", insiste lourdement sur le "dixit", tel un doigt pointé à chaque phrase. Le 4ème mouvement, Juravit Dominus, alterne les passages lents, à l'écriture verticale et puissante illustrant les mots "le Seigneur l'a juré", avec les passages rapides, rythmiques et fugués, illustrant les mots "Tu es prêtre pour l'Eternité". L'exemple le plus marquant est sans doute la fin du 7ème mouvement, Judicabit in nationibus, dans lequel Haendel illustre les mots "conquassabit capita in terra multorum", c'est-à-dire rien de moins que "il fracassera sur terre les têtes d'une multitude" : l'orchestre dans son ensemble martèle une note, tandis que le chœur frappe chacun des premiers temps sur les quatre syllabes du mot "fracassera" !

Lors de sa représentation en 1707, les autorités religieuses furent profondément touchées par cette musique : il fut même proposé au très luthérien Haendel de se convertir au catholicisme, proposition que celui-ci refusa poliment. Aujourd'hui encore, ce Dixit Dominus est une des œuvres les plus marquantes du répertoire sacré et choral, et reste un des sommets musicaux, tant par sa difficulté que par sa puissance évocatrice.

Solistes :

  • Hameline Abraham (soprano)
  • Nathalie Fabre (soprano)
  • Anne-Laure Jaïn (mezzo-soprano)
  • Amaury Lacaille (ténor)
  • Jacques Laingui (basse)