La Querelle
des Bouffons Chœur & Orchestre • Musique des XVIIème et XVIIIème siècles

📚 Programmes

📍 Mozart, Requiem en ré mineur

Affiche du programme Mozart, Requiem en ré mineur

L'automne d'une courte vie

À la fin de l'été 1791, alors que sa femme Constance vient de mettre au monde leur sixième enfant, la santé de Mozart est déjà déclinante : il achève tout juste ce qui sera finalement son ultime opéra, La Flûte Enchantée, après avoir simultanément terminé La Clémence de Titus. Alors qu'il n'avait pas écrit de musique sacrée depuis sa Grande Messe en Ut mineur (en 1783), Mozart y est revenu un peu par hasard au mois de juin 1791, en écrivant son fameux Ave Verum Corpus, pour la Fête-Dieu de la ville de Baden : ce petit motet était en fait intéressé, puisque son compositeur y voyait principalement une opportunité d'améliorer ses revenus (l'argent ayant tendance à lui filer entre les doigts, au grand dam de Constance !).

La commande du Requiem arrive en juillet, par des moyens détournés et fantasques, de la part du comte Franz de Walsegg, un aristocrate autrichien qui a la mauvaise habitude de commander des œuvres et de les faire jouer en les faisant passer pour siennes. Après avoir reçu la première moitié du paiement, Mozart se plonge dans l'écriture de cette messe des morts, alité, en même temps que sa santé s'étiole irrémédiablement.

Cette santé fragile, et la mort qui rôde, est la compagne de toujours du génie viennois : de faible complexion, il a toute sa vie connu d'importants problèmes de santé, souvent aggravés par les méthodes thérapeutiques approximatives de l'époque. Il a vu sa mère mourir dans la souffrance, son père également quelques années plus tard, puis quatre de ses six enfants ! Son caractère frivole, excentrique, et sa grande immaturité quant à l'argent poussent Mozart à accepter de très nombreuses commandes, le plongeant dans des abîmes de travail, visant à essayer d'éponger une partie de ses dettes.

Le 5 décembre, il s'éteint, épuisé par le labeur et la maladie : son Requiem est hélas inachevé.

Un achèvement posthume

Extrait manuscrit inachevé du Lacrimosa
Extrait manuscrit inachevé du Lacrimosa

Constance Mozart souhaite que le travail commencé soit terminé (il en manque un bon tiers). Elle s'adresse tout d'abord à Joseph Leopold Eybler, compositeur et ami très estimé du défunt Wolfgang, qui effectue un premier travail important sur l'œuvre. Constance s'adresse ensuite à deux élèves de son mari, Franz Josef Freystädtler et surtout Franz Xaver Süßmayr, qui s'appuieront l'un et l'autre sur, d'une part l'excellent premier travail d'Eybler, et, d'autre part, ce que les musicologues supposent être des indications parcellaires de Mozart, laissées oralement ou sur des petits bouts de papier.

C'est Süßmayr qui, surtout, fait le plus gros du travail pour compléter et recopier les partitions : il imite même la signature de Mozart sur le manuscrit rendu à Franz de Walsegg en 1792, permettant à Constance de toucher la seconde moitié du paiement.

L'étonnant destin de ce Requiem, et la mort qui rôde autour de Mozart alors même qu'il y travaille, a contribué à faire de cette œuvre une légende, au-delà même de l'admiration qu'elle suscite. Le parallèle presque surnaturel entre l'œuvre et son auteur n'a cessé d'intriguer et de fasciner, entraînant des récits colorés autour de la rivalité supposée entre Salieri et Mozart, un éventuel empoisonnement, des fragments cachés ou retrouvés… L'œuvre fait ainsi presque figure de Passion pour son auteur, et n'a cessé d'être jouée au cours de décennies et siècles suivants.

Aujourd'hui encore, il ne se passe probablement pas une semaine sans que ce tragique et sublime Requiem ne soit joué quelque part, contribuant, à chaque fois, au mythe chargé de fabuleux de Wolfgang Amadeus Mozart.

Solistes

  • Basse : Jacques Laingui
  • Ténor : Aurélien Langlois
  • Alto : Anne-Laure Jaïn
  • Soprano : Nathalie Fabre

Concerts :

  • SAM 24 JUN 2023 : Église Saint Similien, Nantes, 20h30
  • DIM 25 JUN 2023 : Église du Loroux Bottereau, 16h
  • SAM 7 OCT 2023 : Église ND de Clisson, 20h30